La Maison de Villamont

Voici en quelques mots l’histoire de cette construction. À la proue de la campagne de Mon-Repos et enfoncée comme dans un coin entre deux anciens faubourgs, Etraz et Martheray, Villamont était, au XIXe siècle, la première de ces maisons de campagne qu’on rencontrait dès les portes de la ville sur les routes extérieures, ici celle de Vevey. Mais ce n’était pas une maison de campagne aristocratique, refuge bienvenu des vieilles familles lausannoises. Celui qui la fit construire, à la fin du XVIIIe siècle, Alexandre Perregaux (1749-1808), s’avère fils d’un émigrant neuchâtelois, artisan fils d’artisan, symbole d’une «élite» nouvelle à laquelle la Révolution vaudoise donna sa chance. Après avoir été orfèvre, il se spécialisa peu à peu dans l’architecture, dès avant 1789.

Comme architecte, Alexandre Perregaux n’a pas la réputation qu’il mériterait, et pourtant c’est lui qui, à Lausanne, assura le passage de l’âge classico-baroque, représenté par les Rodolphe de Crousaz, Abraham Fraisse et Gabriel Delagrange, à l’âge néo-classique qu’allait illustrer ici son fils, Mathieu-Henri Perregaux (1785-1850).

De ses intéressantes recherches architecturales , deux œuvres majeures subsistent_: la première en date, Villamont et l’une des dernières, le bâtiment du Grand-Conseil.

En 1799, le domaine fut vendu à la famille de Haller dont l’un des membres, le banquier R. E. de Haller sans doute, fit ériger entre 1800 et 1804, une rotonde à colonnes QI a été rattachée en 1843 à la campagne voisine de Mon-Repos. Après avoir passé en plusieurs mains au cours du XIXe siècle, Villamont fut acquis finalement par la Ville de Lausanne en 1917 et abrita longtemps des artistes.

Son intérêt architectural en fait l’une des plus importantes maisons de Lausanne, parmi celles qui existent encore comme parmi celles qui n’existent plus. La disposition en équerre était novelle dans l’art lausannois. Quant à l’élégante demi-rotonde orientale du bâtiment principal, elle était l’un des premiers exemples, sinon le premier, d’une mode qui devait connaître localement son heure de succès (Beau-Séjour, Souvenir, ancienne maison Panchaud à Ouchy, etc.), mais qui avait déjà un précédent dans l’avant-corps polygonal du Château de Béthusy.

Ainsi donc, sans renier pour autant certaines traditions locales, le néo-classicisme lausannois prend naissance à Villamont.

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